Les tirs de loups 2026 arrivent au bout du compteur : au 9 octobre, 216 loups étaient décomptés du plafond national, qui en autorise 227 pour l’année. Il reste donc 11 animaux de marge, et près de trois mois avant le 31 décembre. Dans les départements touchés par la prédation loup, les syndicats agricoles réclament déjà la « réserve » de 2 % prévue par les textes. Que dit vraiment la règle ? Et, plus concrètement, que faire si votre troupeau est attaqué cet automne ?
Chiffres repris à la source (plan national d’actions sur le loup, Légifrance) : voici ce qui relève du droit, de la revendication et du conseil pratique.
Tirs de loups 2026 : où en est le compteur national

Le décompte officiel des tirs de loups 2026 est tenu par la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui coordonne le plan loup pour toute la France. Sa page de suivi des tirs, mise à jour le 9 octobre 2026, affiche 216 loups décomptés sur un plafond loups de 227. Le détail, dans le tableau de suivi du protocole 2026, mérite un coup d’œil : 196 loups ont été détruits légalement, et 20 l’ont été illégalement (enquêtes judiciaires en cours). Ces 20 braconnages comptent aussi. Un loup tué hors cadre retire une place à ceux qui tirent dans les règles.
Où ces tirs ont-ils eu lieu ? Surtout dans l’arc alpin. Les Alpes-de-Haute-Provence arrivent en tête avec 36 loups détruits légalement, devant la Savoie (34), les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes (31 chacune), puis la Haute-Savoie (23). La Drôme et l’Isère en comptent 15 chacune.
Pour mesurer le chemin parcouru : en 2025, le plafond était de 192 loups, et le bilan provisoire en décomptait 190. Le compteur des tirs de loups 2026 a donc dépassé l’an dernier dès l’automne, et c’était attendu, puisque le plafond lui-même a grimpé.
Plafond loups : comment l’État arrive au chiffre de 227
Le plafond loups n’a rien d’arbitraire : il sort d’une formule. L’arrêté du 23 octobre 2020, dans sa version modifiée le 23 février 2026, le fixe à 21 % de l’effectif moyen estimé chaque année. Avant cette réforme, on était à 19 %.
L’effectif, lui, est calculé par l’Office français de la biodiversité (OFB) à partir d’analyses génétiques sur des crottes, poils ou urines récoltés l’hiver, selon une méthode dite de capture-marquage-recapture. Le communiqué de la préfecture de région du 25 novembre 2025 donne 1 082 loups en moyenne (fourchette de 989 à 1 187), contre 1 013 un an plus tôt. Faites le calcul : 21 % de 1 082 donnent 227,2. Le texte retient l’entier inférieur, d’où 227.

Sous le plafond loups, le même article prévoit un palier intermédiaire, que l’on oublie souvent. Dès que 19 % de l’effectif sont atteints avant la fin de l’année (soit environ 205 loups, d’après notre calcul), seuls restent possibles les tirs de défense et les tirs de prélèvement dans certaines zones d’expansion difficiles à protéger. Avec 216 loups au compteur, ce palier est franchi. En clair, la priorité va désormais aux éleveurs qui défendent leurs bêtes sur place.
Réserve de 2 % : ce que demandent les éleveurs, ce que dit le texte
C’est le cœur de l’actualité des tirs de loups 2026. En Corrèze, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont saisi le préfet pour obtenir l’activation « immédiate » de cette réserve, d’après l’article de Réussir du 10 octobre 2026. Les deux syndicats y avancent 87 constats de prédation loup dressés en 2025 dans le département, et 56 depuis janvier. Ils évoquent aussi des tirs de prélèvement suspendus et des restrictions pour les lieutenants de louveterie dans plusieurs départements.
Le droit, lui, est assez précis. Le décret du 12 septembre 2018, modifié le 24 août 2026, permet au préfet coordonnateur d’augmenter le plafond loups « dans la limite de 2 % de l’effectif moyen » lorsque le nombre de loups abattus a atteint le maximum autorisé. Deux conditions, donc : le plafond doit être atteint, et les loups supplémentaires ne peuvent venir que de tirs de défense. Activer la réserve avant les 227, comme le demandent les syndicats, irait au-delà de la lettre du texte.
Concrètement, 2 % de 1 082 loups, cela fait 21 animaux de plus (notre calcul, toujours arrondi à l’entier inférieur), soit un total d’environ 248 si la réserve est ouverte en entier. Rien n’oblige le préfet à l’ouvrir : il « peut » le faire, par arrêté publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de région. À la date du 10 octobre, aucun arrêté de ce type n’avait été repéré.
Autre levier, moins connu : ce même décret autorise le préfet coordonnateur à suspendre des tirs de défense ou de prélèvement jusqu’à la fin de l’année, sur les territoires qu’il choisit, pour garder les derniers loups « disponibles » là où les dégâts sont les plus lourds. C’est le scénario que redoutent les éleveurs des zones de front, où le loup s’installe à peine.
Prédation loup : les démarches de l’éleveur après une attaque
Après une prédation loup, le chrono démarre tout de suite. Le décret du 9 juillet 2019 sur l’indemnisation impose de déposer la demande dans les 72 heures qui suivent l’attaque supposée (15 jours pour un rucher). Passé ce délai, le dossier part mal.
Voici l’ordre des démarches après une prédation loup, tel que le décrit la page officielle sur l’indemnisation :
- Appelez la DDT (ou DDTM) de votre département, qui déclenche le constat.
- Un agent formé par l’OFB (ou un agent de parc national) vient sur place et remplit un formulaire type : victimes, blessures, numéros de boucles.
- Ne déplacez pas les cadavres sans nécessité et notez les animaux manquants.
- La DDT(M) rend ensuite une conclusion technique, et le préfet décide de l’indemnisation.
Petite exception : pour moins de cinq brebis ou chèvres tuées, le préfet peut autoriser, par arrêté, les éleveurs à faire eux-mêmes le constat. Renseignez-vous avant d’en avoir besoin, toutes les préfectures ne l’ont pas prévu.
Ce qui est indemnisé après une prédation loup ? Les animaux morts ou euthanasiés, les disparus hors parc clos, les pertes indirectes (stress, avortements, baisse de lactation), les frais de vétérinaire et la réparation du matériel abîmé, clôtures comprises. Le tout à 100 % des coûts admissibles, sur des barèmes fixés par l’arrêté du 22 février 2024. Une « cause indéterminée » n’ouvre en principe pas droit à indemnisation, sauf contexte local de prédation. Et la responsabilité du loup doit simplement ne pas être « écartée » ; pas besoin de la prouver.
Le piège est ailleurs. Dans les cercles 0, 1 et 2, les brebis et les chèvres ne sont indemnisées que si le troupeau était protégé de façon raisonnable (ou reconnu non protégeable). La règle ne s’applique pas tant que le troupeau a subi moins de trois attaques en douze mois. Au-delà, sans protection, l’indemnisation peut sauter. Pour un éleveur à la marge serrée, comme le montre notre étude sur la rentabilité d’un élevage de brebis laitières, la perte est double.
Tir de défense : ce qui a changé depuis le 1er avril 2026
L’arrêté du 23 février 2026, entré en vigueur le 1er avril, a remplacé celui de 2024 et simplifié les tirs de défense. Pour les ovins et caprins situés en cercles 0, 1 ou 2, une simple déclaration préalable à la préfecture suffit, en ligne sur demarche.numerique.gouv.fr. Attention au détail qui compte : aucun tir avant d’avoir reçu le récépissé de la DDT(M). Dans les parcs nationaux, une autorisation reste nécessaire.
En cercle 3, il faut toujours une autorisation du préfet, et avoir d’abord tenté l’effarouchement. Pour les bovins et les équins, l’autorisation suppose au moins une mesure de réduction de la vulnérabilité : vêlages en bâtiment, regroupement nocturne dans un enclos électrifié, collier GPS ou piège photo connecté, mélange des âges dans les lots…
Sur le terrain, les conditions des tirs de loups 2026 restent strictes. Le tir se fait à proximité du troupeau, sur vos pâturages, avec un permis de chasser validé et une arme à balle. Deux tireurs au plus par lot (un troisième sur dérogation), formés par l’OFB dès qu’ils sont deux. Vous tenez un registre de chaque sortie et signalez sans délai au préfet tout tir en direction d’un loup. La déclaration vaut cinq ans si le troupeau est protégé, deux ans s’il ne l’est pas.
Et quand le plafond loups sera atteint ? Toute destruction devient interdite, sauf si le préfet coordonnateur ouvre la réserve, réservée alors aux seuls tirs de défense. D’où l’intérêt, franchement, de ne pas tout miser sur le fusil cet hiver.
Protéger le troupeau : clôtures, chiens et gardiennage
L’État le dit lui-même dans les considérants de l’arrêté : environ 11 000 animaux indemnisés chaque année, autour de 3,7 millions d’euros, plus de 3 500 constats, et plus de 40 millions d’euros d’aide publique à la prévention. Face à la prédation loup, la protection n’est pas une option décorative, c’est elle qui conditionne l’indemnisation et l’accès aux tirs.
Premier rempart, la clôture. Un parc de nuit électrifié, bien tendu et entretenu, change la donne pour un lot de brebis. Nous avons détaillé le prix d’une clôture anti-loup pour protéger son élevage, matériel et pose compris, et la bonne installation d’une clôture électrique pour moutons (tension, nombre de fils, mise à la terre). Le point faible, souvent, c’est l’entretien : une herbe qui touche le fil du bas suffit à faire chuter la tension.
Deuxième rempart, le chien de protection, le fameux patou. D’après la fiche officielle sur les mesures de protection, son achat, sa stérilisation et sa nourriture peuvent être financés à 80 % dans la limite de plafonds, sur presque tout le territoire. Comptez environ un kilo de croquettes par chien et par jour, et deux chiens plutôt qu’un, même pour un petit troupeau. Ne le confondez pas avec un chien de troupeau de conduite : le patou travaille seul, au milieu des bêtes, et n’obéit pas au berger.
Troisième rempart, la présence humaine. L’embauche d’un berger ou d’un aide-berger peut être financée jusqu’à 80 % dans les communes des cercles 0 et 1. Certains éleveurs complètent avec la technologie : un drone de surveillance du troupeau ou des colliers GPS aident à repérer une bête isolée, sans remplacer un parc de nuit. Les éleveurs caprins ne sont pas épargnés non plus, y compris sur de petites structures comme celles décrites dans notre dossier sur la rentabilité d’un élevage de chèvres naines.
L’OFB a filmé en 2023 le travail d’une unité de prévention dans le Vercors, qui observe les chiens, les troupeaux et leurs interactions avec le loup pour conseiller les éleveurs :
Tirs de loups 2026 : ce qui peut se passer d’ici le 31 décembre
Trois scénarios se dessinent, et aucun n’est encore tranché. Le premier : le compteur reste sous 227 jusqu’à la fin de l’année, les tirs de défense continuent là où ils sont déclarés, et le plafond loups repart à zéro le 1er janvier 2027, calculé sur la dernière estimation de l’OFB. Le deuxième : le plafond est atteint en novembre ou en décembre, et le préfet coordonnateur ouvre tout ou partie de la réserve, uniquement pour la défense des troupeaux. Le troisième, plus serré : il suspend des tirs dans certains départements pour concentrer les derniers loups sur les zones les plus attaquées.
Dans tous les cas, le bon réflexe ne change pas. Vérifiez que votre déclaration de tir est à jour, tenez votre registre, gardez le numéro de la DDT(M) à portée de main et soignez la protection de nuit. Bref, préparez l’hiver comme si la réserve ne venait pas : si elle vient, tant mieux. Pour suivre le compteur des tirs de loups 2026, la page de la préfecture coordonnatrice reste la seule référence fiable.
Foire aux questions
Tirs de loups 2026 : combien de loups peuvent être tués ?
Le plafond loups est fixé à 227, soit 21 % de l’effectif moyen estimé à 1 082 animaux. Au 9 octobre 2026, 216 étaient décomptés, braconnages compris. Si le plafond est atteint avant la fin de l’année, le préfet coordonnateur peut ajouter jusqu’à 2 % de l’effectif, environ 21 loups selon notre calcul, uniquement pour des tirs de défense.
Qui décide d’activer la réserve de 2 % ?
Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, coordonnateur du plan national loup, par arrêté. Le décret de 2018 modifié en août 2026 lui en donne la possibilité une fois le plafond atteint, sans l’y obliger. Les loups supplémentaires ne peuvent provenir que de tirs de défense autorisés ou déclarés.
Quel délai pour déclarer une attaque de loup ?
72 heures à compter de l’attaque supposée pour les animaux d’élevage, 15 jours pour un rucher. Contactez la DDT(M) de votre département, qui envoie un agent faire le constat sur place. Gardez les cadavres et relevez les numéros de boucles.
Faut-il protéger son troupeau pour être indemnisé ?
Dans les cercles 0, 1 et 2, oui pour les ovins et caprins, dès la troisième attaque en douze mois. Des mesures de protection raisonnables (clôtures, chiens, gardiennage) sont alors exigées, sauf troupeau reconnu non protégeable ou zone de front de colonisation reconnue par le préfet coordonnateur.
Sources
- Plan national d’actions sur le loup (préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes), Bilans des tirs et suivi du protocole d’intervention 2026, mise à jour du 9 octobre 2026.
- Préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes, communiqué sur l’estimation de la population de loups, 25 novembre 2025.
- Légifrance, arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups, version en vigueur.
- Légifrance, arrêté du 23 février 2026 définissant le statut de protection du loup, version en vigueur.
- Légifrance, décret n° 2018-786 du 12 septembre 2018 relatif au préfet coordonnateur, version en vigueur.
- Légifrance, décret n° 2019-722 du 9 juillet 2019 relatif à l’indemnisation des dommages, version en vigueur.
- Plan national d’actions sur le loup, principe de l’indemnisation, démarches numériques de tir de défense et mesures de protection.
