Arrêt 2G, collier GPS du chien, alarme de vêlage : le compte à rebours a déjà commencé. D’après le calendrier qu’Orange a transmis à l’Arcep, sa 2G devait s’éteindre le 6 octobre 2026 dans 44 départements, puis le 20 octobre dans les 43 restants. SFR suit le 15 novembre, Bouygues Telecom entre le 15 novembre et le 15 décembre. Ensuite, plus de 2G dans l’Hexagone.
Pour un smartphone récent, en principe, rien ne change. Pour un boîtier qui envoie la position d’un chien de chasse, l’alerte d’une vache qui met bas ou la tension d’une clôture, c’est une autre histoire. Beaucoup de ces boîtiers parlent encore en 2G, parfois en 3G, et ils ne préviennent pas avant de se taire. Voici le calendrier vérifié et la méthode pour savoir si le vôtre passera l’arrêt 2G (collier GPS, balise ou alarme).
Le calendrier de l’arrêt 2G et de l’arrêt 3G, opérateur par opérateur
Ce n’est pas l’État qui coupe : chaque opérateur fixe ses dates, et l’Arcep les publie sur sa fiche pratique sur la fermeture des réseaux 2G et 3G.
Chez Orange, l’extinction se fait par vagues. La Côte basque a ouvert le bal le 31 mars 2026, suivie des Landes et du reste des Pyrénées-Atlantiques le 12 mai, puis de sept départements du Sud-Ouest le 9 juin (09, 31, 32, 46, 47, 65 et 82). Nice était programmée le 22 septembre. Le calendrier d’Orange par département fixe ensuite deux grandes dates : le 6 octobre pour 44 départements (la Bretagne, la Corse, la Bourgogne-Franche-Comté, les Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur en entier, entre autres) et le 20 octobre pour les 43 autres, dont Paris, les Hauts-de-France, la Normandie et le reste de la Nouvelle-Aquitaine.
Une exception compte pour les éleveurs : dans les « zones blanches réglementaires » citées par Orange, ses clients garderont la 2G jusqu’à une coupure programmée entre le 1er et le 15 décembre 2026.
Free Mobile n’a pas de 2G à lui : ses abonnés suivent le calendrier d’Orange. SFR a annoncé un arrêt le 15 novembre 2026. Bouygues Telecom commence le 15 novembre à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, puis généralise du 1er au 15 décembre.

Côté 3G, le répit est plus long. L’arrêt 3G d’Orange est annoncé pour 2028, celui de SFR pour fin 2028, celui de Bouygues Telecom pour fin 2029. Free Mobile n’a pas encore donné de date. Outre-mer, les calendriers diffèrent : la même fiche les détaille.
Concrètement, un appareil qui ne connaît que la 2G cesse de fonctionner le jour où son opérateur coupe. Un appareil 3G continue jusqu’à l’arrêt 3G de son réseau, donc au mieux jusqu’en 2028 ou 2029. Et ces dates peuvent encore bouger, l’Arcep le rappelle.
Arrêt 2G : collier GPS, traceur, alarme, qui est vraiment concerné ?

Le mot « GPS » trompe beaucoup de monde. Le GPS calcule une position grâce aux satellites, rien de plus. Pour qu’elle arrive sur votre téléphone, il faut un second canal, et c’est lui que la coupure touche. Trois familles coexistent.
Le collier GPS chien à carte SIM, souvent vendu avec un abonnement, envoie la position par le réseau mobile. C’est lui, et lui seul, qui est exposé. Selon son âge et son modem, il fonctionne en 2G, en 3G ou en 4G.
Les colliers radio transmettent la position directement à un boîtier portatif, sans passer par aucun opérateur. C’est le principe des modèles décrits dans notre guide du collier de dressage longue portée. Ni l’arrêt 2G ni l’arrêt 3G ne les concernent : leur portée dépend du relief, pas d’une antenne-relais.
Enfin, certains capteurs utilisent des réseaux bas débit dédiés aux objets, comme LoRa ou Sigfox. Deux agents de l’Arcep les décrivent, dans un article des Annales des Mines, comme des réseaux non cellulaires, distincts des réseaux 2G, 3G et 4G. Pas d’arrêt 3G ni 2G à craindre de ce côté.
Le phénomène n’a rien de marginal. Selon l’observatoire trimestriel de l’Arcep, 2,01 millions de cartes SIM logées dans des appareils dits « machine à machine » (alarmes connectées, télésurveillance, téléassistance) ne fonctionnaient encore qu’en 2G ou en 3G fin juin 2026, soit 7,7 % de ce parc. Et ce chiffre exclut les cartes des opérateurs étrangers utilisées en itinérance en France.
Le collier GPS chien : la méthode pour vérifier le vôtre
Inutile de chercher une liste noire des marques : un même fabricant peut avoir vendu des versions 2G, 3G et 4G sous un nom presque identique. Ce qui compte, c’est la référence exacte. Cinq étapes, valables pour un collier GPS chien comme pour une balise de bétail.
1. Retrouvez la référence complète. Sous le boîtier, sur la boîte ou dans l’application, souvent avec un numéro de version matérielle. Notez-la telle quelle.
2. Lisez la fiche technique, rubrique « réseau » ou « connectivité ». Les mots GSM, GPRS ou EDGE désignent la 2G. UMTS, WCDMA ou HSPA signalent la 3G. LTE, LTE Cat-1, LTE-M (aussi appelé Cat-M1) ou NB-IoT renvoient à la famille 4G, LTE-M et NB-IoT étant deux normes cellulaires conçues pour les objets connectés. Si la fiche n’affiche que « GSM 900/1800 », le boîtier ne passera pas l’arrêt 2G : collier GPS, balise ou alarme, même verdict.
3. Regardez la carte SIM. Fabricant, opérateur français, opérateur étranger ? Avec une SIM étrangère, le boîtier utilise quand même les antennes françaises en itinérance : s’il ne parle que la 2G, il perdra le signal comme les autres. Une carte multi-réseaux peut basculer sur un autre opérateur, ce qui repousse l’échéance à mi-décembre au plus tard.
4. Écrivez au fabricant. Posez une question fermée : « Le modèle [référence], version matérielle [numéro], fonctionnera-t-il en France après l’arrêt 2G et l’arrêt 3G ? Sur quelle technologie ? » Gardez la réponse écrite : elle seule fait foi.
5. Méfiez-vous de la promesse « mise à jour ». Une mise à jour logicielle ne remplace pas un modem : un boîtier physiquement 2G le restera. Autre piège, un appareil acheté neuf peut sortir d’un vieux stock. Fiez-vous à la référence, pas à la facture.
Vérifiez aussi l’autre bout de la chaîne : le collier envoie peut-être ses alertes par SMS vers un vieux téléphone à clapet resté dans la voiture. L’Arcep le rappelle : un téléphone incompatible avec les appels et SMS sur 4G (VoLTE) ne recevra plus rien après la coupure.
Dernier point. Un collier GPS chien, aussi performant soit-il, ne remplace pas l’identification : le chien doit être identifié par puce électronique ou tatouage au fichier national I-CAD, comme le rappelle Service-Public.fr. Le jour où le boîtier se tait, c’est la puce qui ramène l’animal. Et aucun traceur ne dispense d’un vrai travail sur le rappel en forêt.
Bétail, vêlage, clôture : le matériel d’élevage à passer en revue
Dans une exploitation, le problème change d’échelle : plus de boîtiers, plus anciens, souvent oubliés tant qu’ils marchent. Quatre familles à vérifier sans attendre.
Les traceurs de bétail, d’abord. Une balise posée sur une vache de tête en estive ou sur quelques brebis en parcours fonctionne comme un collier GPS chien : même méthode, mêmes questions. Un troupeau de brebis laitières en montagne, suivi à distance pendant tout l’été, perdrait son seul fil de surveillance.
Les alarmes de vêlage, ensuite. Ceintures, capteurs de queue ou sondes vaginales préviennent l’éleveur par SMS ou par appel quand la mise bas commence. La nuit d’un vêlage difficile n’est pas le moment de découvrir que le boîtier ne capte plus rien. Vérifiez le capteur, mais aussi la centrale qui relaie l’alerte : c’est parfois elle qui porte la carte SIM. Un modèle 3G, lui, tiendra jusqu’à l’arrêt 3G, pas au-delà.
Les électrificateurs et alarmes de clôture connectés, troisième famille. Ces modules surveillent la tension du fil et envoient un message quand elle chute. Que vous ayez posé une clôture électrique pour moutons, une clôture anti-loup ou un parc pour équidés, regardez la technologie du module de surveillance, pas celle de l’électrificateur lui-même, qui, en principe, continue d’envoyer ses impulsions avec ou sans réseau.
Restent les transmetteurs d’alarme des bâtiments (température d’une nurserie, coupure de courant en salle de traite). Ils relèvent des « systèmes d’alarme connectés et de télésurveillance » que l’Arcep et la Direction générale des Entreprises citent parmi les équipements encore dépendants de la 2G et de la 3G.
Un réflexe à éviter : rebasculer l’alarme sur la ligne de téléphone fixe. Le guide de l’Arcep et de la DGE prévient que le réseau cuivre n’est pas une solution durable, puisqu’Orange en a annoncé la fermeture commerciale en janvier 2026 et la fermeture technique d’ici 2030.
Arrêt 3G : pourquoi un boîtier 3G n’est pas un bon achat en 2026
Un boîtier 3G passera l’hiver. Mais l’arrêt 3G est daté : 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom. Un traceur 3G acheté aujourd’hui, même soldé, servira deux ou trois saisons. Franchement, le calcul ne tient pas.
L’Arcep compte d’ailleurs encore 1,39 million de cartes SIM dans des appareils « machine à machine » limités à la 3G et à la 2G, fin juin 2026. Ce parc fond vite (-14,2 % en un trimestre) : le remplacement a commencé.
Reste la crainte des zones rurales : la 4G passe-t-elle dans le pré du fond ? Sur le papier, plus de 99,8 % des sites 2G et 3G sont déjà équipés en 4G, et la 4G couvre plus de 99,9 % de la population métropolitaine. Mais la population n’est pas le pâturage. Avant d’acheter, consultez la carte Mon réseau mobile de l’Arcep à l’endroit exact où le matériel travaillera, et choisissez un opérateur qui couvrira encore la parcelle après l’arrêt 3G.
Bonne nouvelle : dans son communiqué du 30 mars 2026, l’Arcep estime que l’arrêt de la 2G puis de la 3G ne devrait pas entraîner de variation substantielle de la couverture du territoire. La couverture n’est pas le maillon faible. L’appareil, si.
Arrêt 2G, collier GPS, alarmes : la check-list avant la coupure
En février 2026, la commission de l’aménagement du territoire du Sénat a adopté à l’unanimité un rapport d’information assorti de 13 recommandations et déploré la « légèreté » de l’accompagnement des opérateurs. N’attendez pas qu’on vienne vous chercher.
- Faites l’inventaire de tout ce qui envoie une alerte ou une position : colliers, balises, alarmes de vêlage, modules de clôture, transmetteurs de bâtiment, sans oublier le téléphone qui reçoit les SMS.
- Pour chaque appareil, relevez la référence exacte et la technologie réseau indiquée sur la fiche technique.
- Repérez votre date : celle de votre opérateur, et de votre département si vous êtes chez Orange ou Free Mobile.
- Écrivez aux fabricants pour tout appareil douteux et conservez les réponses.
- Budgétez le remplacement des appareils 2G tout de suite, celui des appareils 3G avant l’arrêt 3G de votre opérateur.
- À l’achat, exigez la 4G (LTE, LTE-M ou NB-IoT) ou une technologie hors réseau mobile, et vérifiez la couverture sur place.
- Le lendemain de la coupure, testez : déclenchez une alerte, faites remonter une position. Un appareil muet ne prévient pas.
Arrêt 2G, collier GPS, alarme de vêlage : mieux vaut une heure d’inventaire en octobre qu’une alerte perdue en décembre. Et si vous en profitez pour refaire un parc, notre article sur le prix d’une clôture électrique pour chevaux donne des repères.
Foire aux questions
Mon collier GPS chien acheté en 2024 est-il forcément compatible ?
Non. L’année d’achat ne prouve rien : un modèle 2G a pu rester longtemps en stock. Seule la fiche technique de votre référence exacte, ou une réponse écrite du fabricant, permet de trancher. Cherchez les mentions LTE, LTE-M ou NB-IoT. Si vous ne voyez que GSM ou GPRS, comptez sur une coupure au plus tard mi-décembre 2026.
Mon abonnement est chez Free : quelle date retenir ?
Free Mobile n’a pas de réseau 2G en propre. Ses abonnés utilisent celui d’Orange et suivent donc le calendrier d’Orange, département par département : entre le 31 mars et le 20 octobre 2026 selon votre zone, et jusqu’à mi-décembre dans les zones blanches réglementaires. Pour l’arrêt 3G, Free Mobile n’a pas encore annoncé de date. Attention : la carte SIM fournie avec un traceur ne dépend pas forcément de votre opérateur.
Un collier de dressage radio est-il touché par l’arrêt 3G ?
Non. Un collier qui communique par radio avec un boîtier portatif ne passe par aucun réseau d’opérateur. L’arrêt 2G comme l’arrêt 3G ne change rien à son fonctionnement. Seuls les modèles qui renvoient en plus la position vers une application via une carte SIM sont concernés, et uniquement pour cette fonction.
Mon alarme de vêlage peut-elle passer en 4G avec une simple nouvelle carte SIM ?
Rarement. La carte SIM ne fait que vous identifier sur le réseau : c’est le modem intégré au boîtier qui détermine la technologie. Si ce modem est 2G, une carte SIM 4G ne changera rien. Demandez au fabricant s’il existe un module de remplacement, sinon prévoyez un appareil neuf. Vérifiez aussi que le téléphone qui reçoit les alertes gère les appels sur 4G.
Sources
- Arcep, « Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G : ce qu’il faut anticiper », fiche pratique pour les particuliers
- Arcep, même fiche à destination des entreprises, collectivités et syndics
- Arcep, calendrier d’extinction 2G d’Orange par département (PDF)
- Arcep, observatoire des cartes SIM 2G et 3G, chiffres à fin juin 2026
- Arcep, communiqué du 24 septembre 2026 sur l’extinction des réseaux 2G et 3G
- Arcep, communiqué du 30 mars 2026 sur l’impact de l’extinction sur la couverture
- Arcep et Direction générale des Entreprises, guide pratique « Les réseaux télécom mobiles 2G et 3G vont s’éteindre » (PDF)
- Direction générale des Entreprises, « Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G »
- Arcep, carte de couverture Mon réseau mobile
- Sénat, mission d’information sur les impacts de l’extinction des fréquences mobiles 2G et 3G
- Annales des Mines, Enjeux numériques n° 16, « Les enjeux de la 5G pour les objets connectés » (auteurs de l’Arcep)
- Service-Public.fr, acquisition d’un chien ou d’un chat et identification
