Rechercher
Chien

Salon du chiot : ce que dit la loi avant d’acheter

Le 19 octobre 2026
par Quentin
Un chiot beagle assis sur une couverture dans un séjour, une main posée près de lui sur le parquet

Un salon du chiot, un beagle dans les bras, et quinze jours plus tard un appel à une association de Vichy. C’est l’histoire de Buddy, relayée le 18 octobre 2026 par Woopets : pleurs la nuit, grognements quand on lui reprenait un jouet, un garçon de 5 ans qui en avait peur. L’association s’étonne surtout d’une chose. Le chiot serait reparti le jour même, sans certificat d’engagement signé.

Or la loi a prévu ce cas, y compris sous les néons d’un hall d’exposition. Voici ce que le vendeur doit vous remettre, pourquoi un départ immédiat doit vous alerter, quels recours existent et quelles voies valent mieux pour acheter un chiot.

Chiots dans des enclos lors d’un salon du chiot, observés par des visiteurs
Des chiots présentés en enclos au milieu des allées : la scène type d’un salon consacré aux animaux. Illustration générée par IA.

Oui. L’article L214-7 du code rural interdit de céder chiens et chats dans les foires, marchés, brocantes, salons ou expositions non spécifiquement consacrés aux animaux. Un salon du chiot est, par définition, consacré aux animaux : il échappe à cette interdiction. Son organisateur doit seulement le déclarer au préfet et prévoir des installations conformes aux règles sanitaires et de protection animale.

Le contraste avec les animaleries surprend. Depuis le 1er janvier 2024, elles ne peuvent plus céder de chiens ni de chats (article L214-6-3, issu de la loi du 30 novembre 2021), et un décret du 1er août 2026 punit cette vente jusqu’à 1 500 € par animal, 3 000 € en récidive, selon le communiqué du ministère de l’Agriculture. Le stand d’un éleveur dans un salon du chiot, lui, reste permis.

Qui vend ? En principe des éleveurs, c’est-à-dire des personnes qui détiennent au moins une femelle reproductrice et vendent au moins un chiot. Elles doivent déclarer leur activité et avoir un numéro SIREN, sauf pour une seule portée inscrite au LOF par an. Les autres conditions sont détaillées dans notre article pour devenir éleveur canin.

Pour l’aménagement des stands, en revanche, c’est le flou. En mars et avril 2025, le ministère répondait aux parlementaires qu’un arrêté propre aux foires et salons consacrés aux animaux de compagnie était « en cours de rédaction ». Le 14 juillet 2026, le député Pierre-Yves Cadalen écrivait, dans sa question écrite n° 16818, ne l’avoir trouvé nulle part en ligne. Au 19 octobre, pas de réponse, et nous n’avons trouvé aucun texte de ce type au Journal officiel. La proposition de loi n° 2557 du 3 mars 2026, qui veut interdire ces ventes, attend en commission.

Vidéo en français (France 3 Bretagne, 25 novembre 2024, 2 min) : reportage dans un salon du chiot à Dinan, où les chiots présentés par des éleveurs sont à vendre, et réaction des associations qui demandent l’interdiction de ces salons. La vidéo ne se charge qu’au clic.

Le délai de 7 jours : la règle qu’un salon du chiot ne peut pas contourner

C’est le cœur du sujet. Depuis le 1er octobre 2022, toute personne qui acquiert un chien, un chat, un furet ou un lapin de compagnie, payant ou donné, signe un certificat d’engagement et de connaissance. L’article L214-8 du code rural précise que la cession ne peut intervenir moins de sept jours après la remise de ce certificat. C’est au vendeur de vérifier la signature. Pas l’inverse.

Calendrier légal d’un achat de chiot : certificat remis au moins 7 jours avant la cession, documents du jour J, délais de recours de 5, 6, 8 et 30 jours
Du certificat d’engagement aux recours : le calendrier fixé par le code rural pour l’achat d’un chiot. Sources : code rural (L214-8, D214-32-2, D214-32-4, R213-5, R213-6, R215-5-1), ministère de l’Agriculture.

Ce délai de 7 jours n’a rien d’une formalité. Le certificat décrit les besoins physiologiques, comportementaux et médicaux de l’espèce, l’obligation d’identification et le coût de l’animal sur toute sa vie (article D214-32-4). Il est remis par une personne qualifiée (titulaire de l’Acaced ou d’une équivalence : vétérinaire, éleveur, refuge) et vous le signez avec une mention manuscrite d’engagement. Le ministère le redit dans sa foire aux questions sur l’adoption : le document n’est valable que sept jours après sa délivrance.

Concrètement, repartir d’un salon du chiot avec l’animal n’est légal que dans deux cas. Soit l’éleveur vous a remis le certificat au moins une semaine plus tôt, lors d’une visite ou d’une réservation. Soit vous avez déjà acquis un chien avec ce certificat et vous le présentez de nouveau : on vous remet alors un document d’information. Sinon, le chiot reste chez l’éleveur, qui vous le confiera une semaine plus tard.

Que risque le vendeur ? Une contravention de 3e classe, soit 450 € au plus, s’il cède l’animal sans s’assurer de la signature (article R215-5-1). C’est peu. Et les parlementaires qui ont interrogé le gouvernement, au Sénat en février 2025 puis à l’Assemblée en 2025 et 2026, décrivent le même tableau : dans les salons, le certificat manquerait souvent, ou serait antidaté. Pour mesurer ce qui se joue derrière ce papier, relisez notre dossier sur les sanctions de l’abandon d’un animal.

Vente de chiot, réglementation : les papiers à exiger au salon du chiot

Avant de payer, demandez les documents. Le chiot doit avoir plus de huit semaines et être identifié par puce ou tatouage avant toute cession, aux frais du vendeur (article L212-10). Vérifiez que le numéro de la carte correspond à celui de l’animal. Le changement de propriétaire est ensuite déclaré à l’I-CAD dans les huit jours, précise Service-public. C’est aussi ce fichier qui permet de vous rendre un chien perdu.

À la remise, le vendeur vous donne :

  • une attestation de cession ;
  • un certificat vétérinaire établi après examen, moins de trois mois avant la cession, avec l’identification et les vaccins réalisés (article D214-32-2) ;
  • un document d’information sur les besoins de l’animal, si vous n’aviez pas de certificat d’engagement à signer ;
  • la carte d’identification et, pour un chien de race, les documents du livre généalogique.

Céder un chien sans certificat vétérinaire, ou âgé de huit semaines ou moins, vaut une contravention de 4e classe (750 € au plus). Oublier l’attestation de cession, une contravention de 3e classe. Deux interdits encore : la mention « satisfait ou remboursé », ou toute technique promotionnelle du même genre, et la vente à un mineur sans l’accord de ses parents. Bref, en matière de vente de chiot, réglementation et sanctions ne s’arrêtent pas à l’entrée du hall.

« De race », « d’apparence », LOF : lisez bien les mentions

Le mot « race » est protégé. Seuls les chiens inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture (le LOF) peuvent être présentés comme tels (article L214-8, III). Pour les autres, l’annonce doit écrire « n’appartient pas à une race », et « d’apparence » suivi d’un nom de race n’est admis que si le vendeur peut garantir l’allure du chien adulte (article R214-32-1). Sans déclaration de naissance au livre généalogique, le vétérinaire écrit lui aussi sur son certificat que le chiot n’est pas de race.

Un chiot LOF a un prix : pour un berger australien, nous avons relevé 1 400 à 1 800 € dans notre article sur le prix d’un chiot berger australien LOF. Un « beagle » affiché bien en dessous, sans numéro de portée, mérite une question de plus avant d’acheter un chiot.

Au salon du chiot comme ailleurs, les annonces ont leurs règles (article L214-8-1) : espèce et race, sexe, lieu de naissance, âge, numéro d’identification, inscription ou non au livre généalogique, nombre de femelles reproductrices et de portées de l’année. Pour une vente, quel que soit le support, s’y ajoute le numéro SIREN de l’éleveur ou le numéro de portée du LOF. Une annonce incomplète peut être signalée à la DGCCRF et à la DDPP.

Repartir le jour même : pourquoi c’est un signal d’alerte

Hors des deux cas vus plus haut, un vendeur de salon du chiot qui vous laisse partir avec un animal payé dix minutes plus tôt vous apprend quelque chose. Soit le certificat que vous signez sur un coin de table porte une date fausse, soit il n’y en a pas. Dans les deux cas, le délai de 7 jours a sauté, et ce vendeur prend des libertés avec la loi. Que vaudront ses autres papiers ?

Ce délai sert justement à éviter l’histoire de Buddy. Un chiot qui grogne pour garder un jouet, qui pleure la nuit dans une maison inconnue : voilà ce qu’il faut anticiper, et une semaine laisse le temps de prévoir un éducateur ou de lire sur la socialisation du chiot. Franchement, un hall bruyant et une file d’acheteurs ne sont pas le meilleur endroit pour y réfléchir.

Au stand, quelques questions font le tri :

  • À quelle date le certificat d’engagement m’a-t-il été remis, et par qui ?
  • Quel est le numéro d’identification du chiot, et celui de sa mère ?
  • Combien de portées l’élevage a-t-il eues cette année ?
  • De quand date le certificat vétérinaire ?
  • Puis-je venir voir la mère à l’élevage ?

Un éleveur sérieux répond sans s’agacer. Et s’il propose de garder le chiot une semaine, le temps que le délai coure, c’est plutôt bon signe.

Après l’achat : les recours si le chiot est malade

Mauvaise surprise à connaître avant d’acheter un chiot : depuis le 1er janvier 2022, les ventes d’animaux domestiques échappent à la garantie légale de conformité (article L217-2 du code de la consommation). Restent la garantie des vices rédhibitoires du code rural et celle des vices cachés du code civil, seulement si le contrat la prévoit, rappelle la fiche de la DGCCRF. Demandez que cette clause figure noir sur blanc.

Pour le chien, les vices rédhibitoires sont six : maladie de Carré, hépatite contagieuse, parvovirose, dysplasie coxofémorale, ectopie testiculaire (après six mois) et atrophie rétinienne (article R213-2). Pour les trois maladies contagieuses, un vétérinaire doit signer un diagnostic de suspicion sous 8 jours (Carré), 6 jours (hépatite) ou 5 jours (parvovirose). Dans tous les cas, vous disposez de 30 jours à compter de la livraison pour agir et demander au tribunal judiciaire de nommer des experts (article R213-5).

Et si le problème n’a rien de médical ? Aucune garantie ne joue, et l’abandon reste un délit : la solution retenue pour Buddy, une association de protection animale, vaut mieux que tout le reste. Enfin, si vous voyez dans un salon du chiot des animaux en souffrance, Service-public indique que vous pouvez le signaler à la police, à la gendarmerie ou aux services vétérinaires de la DDPP.

Éleveur ou refuge : les alternatives au salon du chiot

Pour acheter un chiot, le ministère conseille de toujours rencontrer l’animal avant l’achat et d’acheter en présentiel, auprès d’un professionnel. Le plus simple reste la visite à l’élevage : vous voyez la mère et la portée, et l’éleveur vous remet le certificat ce jour-là. Une semaine plus tard, vous revenez chercher le chiot. C’est plus long qu’un dimanche au salon du chiot, et c’est voulu.

L’adoption en refuge ou en association suit la même règle : certificat, délai de 7 jours, chien identifié et certificat vétérinaire. Certains salons grand public ont adopté ce rythme : à Animal Expo Paris, rien n’est vendu sur place, on réserve un chien d’association qui vous rejoint sept jours plus tard. Et si un chien vit déjà chez vous, lisez comment présenter un chiot à son chien adulte.

Dernier point avant d’acheter un chiot : le budget. Selon la foire aux questions du ministère, la nourriture coûte de 50 € par mois pour un chien moyen à 150 € pour un très grand chien, les frais vétérinaires 50 à 300 € par an pour un animal en bonne santé, une stérilisation 100 à 600 €. Or un chien vit en moyenne 11 à 13 ans. Faites le calcul.

Foire aux questions

Peut-on repartir d’un salon du chiot avec son chiot le jour même ?

Seulement si le certificat d’engagement et de connaissance vous a été remis au moins sept jours avant, par exemple lors d’une visite à l’élevage, ou si vous présentez celui signé pour un précédent chien. Sinon, la cession va contre l’article L214-8 du code rural : le vendeur doit attendre la fin du délai de 7 jours.

Faut-il signer un nouveau certificat pour un deuxième chien ?

Pas forcément. Si vous avez déjà acquis un chien avec ce certificat, vous pouvez le présenter de nouveau : le vendeur vous remet alors un document d’information sur les besoins de l’animal. Le certificat vaut pour une seule espèce : celui signé pour un chat ne couvre pas un chien.

Que risque un vendeur qui ne vérifie pas le certificat ?

Une contravention de 3e classe, soit 450 € au plus (article R215-5-1 du code rural). Céder un chien sans certificat vétérinaire, ou âgé de huit semaines ou moins, coûte davantage : jusqu’à 750 €.

Quels recours si le chiot tombe malade après l’achat ?

Faites établir un diagnostic de suspicion par un vétérinaire dans les délais : 5 jours pour la parvovirose, 6 pour l’hépatite contagieuse, 8 pour la maladie de Carré. Vous avez 30 jours à compter de la livraison pour agir en vice rédhibitoire. La garantie légale de conformité ne s’applique plus aux animaux depuis 2022.

Sources

Les nouvelles fraîches
Élevage & Agriculture, Nature & Environnement
Le 19 octobre 2026
Grande douve américaine en Sologne : moutons et chèvres en première ligne
Chien
Le 19 octobre 2026
Chien mordeur : déclaration, surveillance vétérinaire et évaluation comportementale
Animaux, Chat, Chien
Le 19 octobre 2026
Règlement européen chiens et chats : puce, élevage, hypertypes, ce qui change
Publié par :
Partagez l'article sur :
Découvrez aussi :
Élevage & Agriculture, Nature & Environnement
Grande douve américaine en Sologne : moutons et chèvres en première ligne
Le 19 octobre 2026
par Charline
Chien
Chien mordeur : déclaration, surveillance vétérinaire et évaluation comportementale
Le 19 octobre 2026
par Quentin
Animaux, Chat, Chien
Règlement européen chiens et chats : puce, élevage, hypertypes, ce qui change
Le 19 octobre 2026
par Charline
Élevage & Agriculture
Agneau au biberon : lait, quantités et hygiène pour bien l’élever
Le 17 octobre 2026
par Charline